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Pour aider les enfants à mieux réussir :
En assistant dans leur rôle maternel les survivantes de la violence faite aux femmes

LE TRAVAIL AUPRÈS DE NOUVELLES ARRIVANTES AU CANADA

Les femmes qui viennent d'arriver au Canada subissent à la fois les effets de l'émigration (après avoir quitté tout ce qui leur était familier) et de l'immigration (en devant apprendre à évoluer dans un nouveau milieu). Très souvent, elles ne parlent couramment ni le français ni l'anglais et leur famille n'est pas ici.

Parmi les nouveaux Canadiens, les attitudes et les opinions varient beaucoup, selon la récence de l'émigration, le niveau d'instruction, la compétence en français ou en anglais, les convictions religieuses, l'infrastructure de soutien communautaire et l'expérience personnelle. Les femmes qui viennent d'arriver au Canada éprouvent les mêmes émotions et réactions que les autres femmes violentées - peur, honte, espoir de changement - mais demander l'aide de notre système social et de notre appareil judiciaire peut s'avérer une tâche intimidante à cause de croyances profondes au sujet de la famille, d'obstacles à l'obtention de services et d'inquiétudes relatives à des questions d'immigrations.

Croyances au sujet de la famille

  • la femme se concentre sur les besoins de la cellule familiale plutôt que sur ses propres besoins

  • les affaires de la famille sont privées et on n'en parle pas à des étrangers

  • la conviction que tout comportement du mari doit être toléré par sa femme

  • le divorce pourrait mener à son ostracisation au sein de sa communauté ethnique ou religieuse

  • des idées traditionnelles concernant les rôles des femmes et des hommes : les femmes sont accommodantes, tandis que les hommes détiennent l'autorité

  • le besoin de projeter une image de "bonne femme" à la collectivité

  • une forte opposition au divorce

Préoccupations concernant le système et obstacles

  • le mur des langues l'empêche de demander des conseils et de l'aide

  • la peur de la police fondée sur son expérience dans son pays d'origine où la police est corrompue ou bien agit comme outil de la répression de l'état

  • elle ne veut pas que son mari fasse l'objet d'une accusation criminelle et cela l'empêche d'appeler (ou de rappeler) la police

  • la peur des maisons d'hébergement et une gêne profonde si elle était obligée de s'y réfugier

  • la peur de la Société d'aide à l'enfance

  • avoir recours à une assistance professionnelle vient après avoir contacté sa famille ou une autorité religieuse

Préoccupations quant à l'immigration

  • la peur des conséquences d'un divorce ou d'une autre démarche judiciaire sur son statut d'immigrante

  • la peur d'être déportée (et même d'avoir à laisser ses enfants au Canada)

  • la conviction qu'elle ne peut pas se prévaloir du programme Ontario au travail parce qu'elle a été parrainée en tant qu'immigrante

La langue est un obstacle important qui empêche beaucoup de femmes de bénéficier de certains services sociaux et juridiques ou d'appeler le 9-1-1. Il y a des femmes à qui on a tout simplement défendu d'étudier le français ou l'anglais. À cause d'un manque de connaissances linguistiques, il est difficile d'identifier les plaques indicatrices de rues, de prendre le bon autobus pour se rendre à votre bureau, de se servir de l'Internet comme ressource, de consulter l'annuaire téléphonique et d'utiliser le téléphone pour trouver de l'aide.

Les réfugié(e)s et les immigrant(e)s reçu(e)s peuvent profiter gratuitement du programme fédéral Cours de langue pour les immigrants au Canada (CLIC). Le site web de Citoyenneté et Immigration Canada comporte des liens pour les centres d'évaluation CLIC et les programmes CLIC : www.cic.gc.ca.


Des études démontrent que les femmes voulent et ont besoin de services offerts dans leur propre langue.


Ce que les prestatrices de services peuvent accomplir

C'est à nous qu'incombe l'obligation de modifier notre style habituel de prestation de services afin de mieux accommoder la femme. Voici quelques suggestions :

  • si c'est possible, rendez-lui visite à la maison

  • prenez le temps de mériter sa confiance pour qu'elle se sente à l'aise avec vous

  • faites appel à une interprète (qui, si possible, une interprète culturel), même si la femme semble capable de se débrouiller en français or en anglais

  • à moins que ce ne soit absolument nécessaire pour le succès de l'intervention, ne vous attendez pas à ce qu'elle dévoile des informations de nature intime

  • parlez lentement et évitez d'utiliser un jargon technique ou des expression idiomatiques qui sont difficiles à traduire

  • demandez-lui quelle sorte d'aide elle requiert et, s'il vous est impossible de répondre à tous ses besoins, dirigez-la vers la meilleure source d'assistance

  • familiarisez-vous avec son pays d'origine et sa culture, de même qu'avec la situation politique si ce pays a subi une guerre ou un autre événement catastrophique

  • cherchez d'autres ressources dans sa langue, par exemple en visitant le site Earth Words.

Quelques liens...

  • Établissement : informations et réponses pour les gens qui arrivent en Ontario

  • Project Bluesky : en chinois, en coréen et en japonais

  • RoseNet : la loi et les immigrantes victimes de violence (en anglais)

  • Earth Words : liens pour accéder à une bonne documentation sur la violence faite aux femmes, dans plus de 70 langues

Autres ressources...

Citoyenneté et Immigration Canada, Le Canada et les nouveaux arrivants.

Vie de famille et éducation des enfants au Canada : Information à l’intention des nouveaux arrivants en Colombie-Britannique (2000), par le B.C. Institute Against Family Violence.

Assisting Immigrant & Refugee Women Abused by their Sponsors: A Guide for Service Providers (2003), par Katrina Pacey (B.C. Institute Against Family Violence).

Références

Smith, Ekuwa (2004). Nulle part où aller? répondre à la violence conjugale envers les femmes immigrantes et des minorités visibles. Ottawa: Conseil canadien de développement social.

Women's Refuge Group of Western Australia (2003). Caught in the Crossfire: Identifying Needs of Accompanying Children from Culturally and Linguistically Diverse Backgrounds in Supported Accommodation Assistance Programs and Services. Perth AU: Commonwealth Department of Family and Community Services.

Petits Yeux Petites Oreilles

PETITS YEUX, PETITES OREILLES : Comment la violence envers une mère façonne les enfants lorsqu'ils grandissent (2007)


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